« La grande surprise en découvrant l’entreprise libérée »

• Qui est Patrick AISENBERG et l’entreprise LINKBYNET ?

LINKBYNET est une entreprise spécialisée dans la surveillance et la gestion des parcs informatiques stratégiques des entreprises. Créée il y a 16 ans par deux frères – Patrick et Stéphane AISENBERG – dans une ancienne épicerie de la Seine-Saint-Denis, la petite entreprise de l’Internet des années 2000 est devenue un acteur majeur de l’infogérance de services Cloud, web, e-business et des systèmes d’information réunissant 650 collaborateurs sur toute la planète.

Capture d’écran 2016-09-28 à 16.24.44

Pourtant en pleine croissance, les deux dirigeants s’inquiètent : plutôt que d’avoir grandi, l’entreprise a parfois grossi. Dès lors, une question les taraude : comment faire pour redevenir svelte ?

Après avoir cherché et testé des solutions par lui-même, Patrick AISENBERG prend conscience de ses limites. Il décide de suivre un Executive MBA à HEC, ce qui mènera finalement l’entreprise sur le chemin des Entreprises Libérées.

• Le chemin vers l’entreprise libérée 

Patrick AISENBERG revient sur les motivations qui l’ont poussé à s’engager dans cette voie.

Avec HEC, j’ai notamment découvert le management du leadership et la capacité à motiver les collaborateurs via la relation que l’on entretient avec eux. Chez LINKBYNET, comme chez inov-On, notre produit phare est l’humain. C’est donc forcément au travers des talents de chacun que je vais pouvoir vendre mes services et fidéliser mes clients et c’est donc à travers mon management que j’arrive à conduire l’entreprise (ou pas…). Le problème est dans l’humain et pas ailleurs. Le fait de rencontrer des gens et de prendre de l’altitude m’a fait le plus grand bien. Ce MBA m’a montré que des pistes existaient et qu’elles fonctionnaient.

Et puis, je suis tombé sur le livre de Vineet Nayar – devenu depuis mon livre de chevet : c’est quelqu’un qui a été capable, à travers la discussion et la motivation, de transformer profondément son entreprise. J’ai donc décidé moi aussi de discuter avec mes collaborateurs pour mettre à nu les problèmes rencontrés. Au fur et à mesure, je voyais bien que les gens n’avaient pas peur mais, au contraire, montraient des signes d’intérêt. Ils ont commencé à me raconter leurs problèmes et à échanger beaucoup plus naturellement. J’ai réussi à créer un climat de confiance entre eux et moi.

HEC m’a également permis de lancer le « lean management« . Je savais qu’il s’agissait de travailler sur des process : de les décortiquer pour chercher à les améliorer. Chez nous, nous avions tendance à robotiser les gens pour gagner en efficacité, nous étions donc dans la technologie (technique, outillage, …) et pas dans l’humain : le lean permettait, à l’inverse, de travailler d’abord sur l’humain. J’ai donc mis en place un premier atelier au printemps 2015 pour mettre un coup de pied dans la fourmilière. Il a merveilleusement bien fonctionné : les gens commençaient à vivre, à communiquer, à retrouver de l’énergie…

Nous avons réalisé un deuxième atelier avec une équipe différente et puis j’ai lancé ce projet-là à toute l’entreprise. J’ai ainsi pu donner une première couche d’autonomie aux collaborateurs. Le lean avait très bien fonctionné pour les collaborateurs mais je me retrouvais avec un management potentiellement beaucoup moins sollicité, bâti sur un mode hiérarchique classique (« command & control ») et qui ne savaient plus ce qu’on attendait d’eux – même si je les ai rassurés sur le fait que je n’avais pas pour objectif de me séparer d’eux.

Capture-d’écran-2015-06-19-à-16.26.59Un jour, au détour d’une discussion avec un copain d’HEC, j’ai entendu parler de l’Entreprise Libérée. Avec mon frère et deux collaborateurs, nous sommes allés rencontrer Isaac Getz. La magie a tout de suite opéré. C’est Isaac qui nous a parlé d’inov-On et d’Alexandre [Gérard] car selon lui, l’ADN de 

LINKBYNET était favorable au changement : un gout du travail bien fait et de la satisfaction client, la fiabilité, le dépassement de soi, l’humilité, l’aide aux autres…

• L’effet « Waouh » de la visite chez inov-On

Je ne savais pas comment fonctionnait les visites. Je pensais me retrouver en face à face avec Alexandre et je me suis retrouvé dans une salle avec 40 personnes. J’étais vraiment déstabilisé et encore plus quand j’ai retrouvé un des professeurs d’HEC dans la salle. J’étais venu avec mon directeur de Nantes. Pour nous, ça a été une révélation. Nous avons découvert des idées exceptionnelles et des techniques tellement logiques que l’on se demande pourquoi on n’y a pas pensé avant… C’était passionnant. Je ne m’attendais pas à voir ça.

En fait, je pensais voir une petite boite qui avait une ou deux idées originales de transformation. En plus, « Chrono Flex, le roi du flexible » : je ne débarque pas dans une boite super sophistiquée ! Et puis finalement, nous sommes surpris par le bon sens, l’adhésion, la cohérence… Je suis arrivé avec un peu de prétention : le côté parisien parvenu. Habituellement, quand les fournisseurs ou clients viennent chez Linkbynet, ils ont un effet « Waouh » ; cette fois-ci, c’est moi qui l’ai eu chez inov-On.

Au sortir d’HEC, j’avais deux sujets : moi – ce que je voulais devenir à l’aube de mes 50 ans – et l’entreprise – comment faire pour la transformer ? Avec la libération, je voyais une application pratique qui me permettait de résoudre les deux problèmes d’un coup. D’un côté, l’Entreprise Libérée me permettait de continuer à faire progresser l’autonomie des collaborateurs et de retrouver un rôle aux manageurs. En ce qui me concerne, je travaille sur ma posture avec Alexandre et Christophe [Collignon]. Pour autant, je ne me suis jamais retrouvé dans une situation aussi incertaine qu’aujourd’hui : nous mettons beaucoup d’énergie et de volonté, ce qui semble bien marcher mais je ne sais pas à quoi on va arriver. On ne peut pas décider du jour au lendemain de changer la culture de l’entreprise : ça prend du temps et de la douleur. Je pense que cette entreprise rendue agile nécessite beaucoup d’énergie mais une énergie beaucoup plus créatrice que la précédente. Et ça, c’est motivant. 

Partager l'article :Share on Facebook45Tweet about this on TwitterShare on Google+1Share on LinkedIn33Email this to someone

A propos de l'auteur

Alexandre GERARD

Co-Animateur du groupe inov-On où nous tentons de cultiver une certaine idée du bonheur...