« Je suis passée du marketing vers l’innovation managériale »

Créée en 1883, Poult est spécialisé dans la fabrication de biscuits à marque de distributeur. A l’aube de son centième anniversaire, l’entreprise familiale se transforme en groupe et en 2001, Carlos Verkaeren arrive à sa tête.

Dès 2007, après deux épisodes difficiles sur le plan économique pour l’usine de Montauban, site historique de l’entreprise, le groupe s’engage sur le chemin de la Libération.

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Aujourd’hui, Poult réalise 80 millions de chiffre d’affaires grâce à ses cinq usines françaises et compte 800 salariés. Le groupe travaille avec toute la distribution hexagonale et se développe progressivement à l’international.

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Anne-Sophie CHEVASSONAnne-Sophie Chevasson arrive dans le groupe en 2008 comme chef de produit marketing – poste qu’elle occupe pendant deux ans. Sa mission ? Développer les produits et dynamiser l’innovation, point particulier d’attention chez Poult.

Aujourd’hui, elle dresse le portrait, huit ans après les débuts de son groupe sur le chemin de la Libération, du métier de « Poultien ».

Au départ, je travaillais directement sur le développement de produits et l’innovation. Un peu plus tard, j’ai pris une mission qui consistait à faire en sorte que ce soit les autres qui innovent. L’innovation est devenue participative. A ce moment-là déjà, tous les salariés de l’entreprise intervenaient dans les réflexions sur les nouveaux produits mais les étapes suivantes (la sélection et le développement) se réalisaient de manière classique, par les métiers dédiés.

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De l’innovation participative à l’innovation collaborative

A partir de 2010, nous avons commencé à faire de l’innovation collaborative : il fallait mettre en place un certain nombre de dispositifs. Il s’agissait de faire en sorte que les opérateurs eux-mêmes puissent développer leurs « idées produit » : quand un opérateur a une idée de produit, il doit pouvoir se grouper avec d’autres et disposer de tous les moyens utiles pour développer son produit jusqu’au bout. Nous avons ainsi mis en place un certain nombre d’outils et nous avons lancé le rôle de « coach en innovation » : les personnes qui, auparavant, faisaient le travail tout seul, s’assuraient désormais que les autres montaient en compétences.

Un métier de Poultien : réfléchir au collectif

Petit à petit, je suis passée du marketing vers l’innovation puis, vers l’innovation managériale car nous avons dû faire face à de plus en plus de problématiques d’organisation : comment déhiérarchiser et rendre les gens plus autonomes, sur les sites de production notamment ?

Au niveau du groupe, cela signifiait également réfléchir au collectif mis en place pour faire en sorte que les décisions stratégiques soient prises par le plus grand nombre. J’ai donc beaucoup travaillé sur des sujets organisationnels, au niveau groupe et sur les sites de productions. « Travailler » veut dire apporter de la méthodologie pour accompagner les réflexions qui sont elles-mêmes collaboratives.

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En fait, lorsque nous réfléchissons à la création d’un collectif, nous le faisons avec tous les volontaires de façon à ce que les créations d’instances démocratiques soient elles-mêmes démocratisées. Cela nécessite beaucoup de travail de réflexion et des remises en question permanentes.

Mon rôle consiste donc à accompagner ce type de changements et à réfléchir, plus en amont, sur les évolutions à imaginer. Parallèlement, j’ai une deuxième partie de mon travail qui est plus en lien avec mon activité d’origine : je réfléchis, à un niveau stratégique, sur la croissance externe de l’entreprise – en conservant une logique à l’esprit : si nous rachetons des entreprises, il faudra aussi travailler avec elles sur leur organisation. Enfin, j’ai une dernière activité dans laquelle je réfléchis à la question de la reconnaissance individuelle : comment faire, dans une entreprise où il n’y a quasiment plus de niveaux hiérarchiques, pour que les employés disposent d’un retour sur leur travail ?

En réalité, j’ai un poste qui illustre assez bien la façon dont nous pouvons évoluer dans l’entreprise. Le métier d’un Poultien aujourd’hui, c’est un peu tout ça : son métier d’origine – dans lequel il est amené à progresser et à interagir avec l’extérieur – ainsi qu’un rôle actif par lequel il participe à des collectifs transversaux (par exemple, prendre les décisions stratégiques) qui ne sont pas nécessairement en lien direct avec son coeur de métier.

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A propos de l'auteur

Alexandre GERARD

Co-Animateur du groupe inov-On où nous tentons de cultiver une certaine idée du bonheur...