Comment se développe le mouvement des entreprises libérées?

Loin des clichés médiatiques et des raccourcis de comptoir, le mouvement des Entreprises Libérée se repend bel et bien dans nos entreprises.

Le véritable enjeu de cette transformation est comment engager la transformation culturelle de nos organisations. On comprend ici rapidement que l’échelle de temps est alors l’année. On comprend aussi que le dirigeant est souvent peu armé pour initier la transformation culturelle de son entreprise.

Portrait of handsome man thinking solution. Conceptual background.

Et le premier sujet sera donc probablement de travailler sur soi et son ego. En effet, qui peut prétendre de demander aux autres de travailler leurs postures sans soi-même s’engager sur le long chemin du lâcher prise.

Ne sommes-nous pas majoritairement éduqués dans le culte de la performance individuelle et de la réussite personnelle. Réussite que nous étalonnons  aux yeux des autres par des signes de pouvoir. Bercé au rythme du : « Qu’est-ce que tu vas faire pour réussir dans la vie ? ». Cet environnement crée rapidement des cylindres et limite la performance des organisations.

Or, est-il plus important de réussir dans la vie ou de réussir sa vie ?

La principale mission du dirigeant qui s’engage sur ce chemin est de créer l’environnement qui va permettre à ses équipes de se réaliser et de prendre du plaisir. Pour ce faire, il tente de répondre aux besoins intrinsèques de chaque personne : l’égalité, la possibilité de se réaliser et auto-direction : c’est-à-dire la possibilité de décider soi-même de ce qui est le mieux pour servir le projet collectif.


1109689_huit-questions-sur-lentreprise-liberee-130956-1

La clé de voûte de l’Entreprise Libérée est : une vision co-construite, ainsi que des valeurs partagées qui sont les règles du jeu de l’équipe.

Au cœur de l’organisation il y a la confiance. J’aime la traduire de 5 manières : 

  • Etre OK avec les notions de subsidiarité et d’intelligence collective,
  • Privilégier le volontariat : ceux qui le souhaitent peuvent s’impliquer plus,
  • L’information n’est plus un enjeu de pouvoir,
  • Basculer de la logique de contrôle à la logique d’auto-contrôle,
  • Mettre en place une culture de l’erreur,

Au final, l’Entreprise Libérée est plus un chemin qu’un état. Sur ce chemin, nous allons tenter de passer du pouvoir du Père au pouvoir des Pairs.

Les deux pièges complexifiant la démarche et dans lesquels tombent la majorité des entreprises sont :

  • Annoncer que l’on veut libérer sa boîte à ses équipes (on délivre alors une promesse qu’on ne peut pas tenir rapidement car les processus de transformation sont très longs, (d’où le rejet des équipes),
  • Penser que l’on peut transformer sa boite en « faisant les choses », car l’idée est plus de « laisser faire les choses » ce qui est très compliqué pour un dirigeant qui a toujours maîtrisé les choses. 

J’encourage donc les dirigeants qui souhaitent s’engager dans une telle démarche, à méditer sur ces éléments :

  • Pourquoi est-ce que je souhaite, au fond de moi, engager cette transformation ?

  • « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin », Dicton africain

  • « Soit le changement que tu veux voir dans le monde » (Gandhi)

  • Ce n’est pas que les gens n’aiment pas changer, c’est qu’ils n’aiment pas qu’on les change » Richard Teerlink Ex PDG d’Harley Davidson

  • Que d’effort il faut faire pour ne pas agir.

Je pense que dans moins de 5 ans le monde de l’entreprise basculera massivement vers des organisations de confiance et de liberté. Si aujourd’hui, nous pouvons encore nous poser la question : « Y vais-je ou pas ? » ; je suis convaincu que demain la question sera simplement « Quand et comment ? ».

1380704068

A propos de l'auteur

Alexandre GERARD

Co-Animateur du groupe inov-On où nous tentons de cultiver une certaine idée du bonheur...